Actualités : événements et projets

Sorte de kaléidoscope frénétique, où chaque éclat d’information chasse le précédent avant qu’on ait pu le saisir.

En quoi l’expérimentation in-situ d’un dispositif de recherche-création hybride (spectacle-laboratoire, très court-métrage et agora délibérative), déployé via des protocoles participatifs citoyens et artistiques sur trois territoires d’Occitanie, permet-elle de renouveler à la fois la médiation des savoirs et le modèle d’innovation éco-responsable des industries culturelles et créatives ?

Andrés Spinelli, projet de thèse création : recherche-création et spectacle-laboratoire

Projet de thèse création

Dirigé par Claire Noy (Département InfoCom / ITIC, chercheuse au LERASS) et codirigé par Laurent Collet (directeur adjoint du LERASS, EA 827, ITIC), à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, ce projet de thèse prolonge le travail commencé lors de mon Master 2 en Management des Organisations Culturelles (Paris Dauphine, 2019-2020). Il envisage la création artistique non comme un simple vecteur de communication environnementale, mais comme un dispositif de recherche-action capable de faire émerger de nouvelles façons de penser et d’agir face à l’urgence écologique.

Il s’appuie sur le protocole participatif @phoristIC, développé au LERASS, et sur un prototype artistique, « Bien après le jour d’après », conçu comme un spectacle-laboratoire en trois temps, expérimenté dans trois types de lieux : une scène institutionnelle, un espace patrimonial ou musée, une commune rurale.

  • Une immersion théâtrale spéculative, avec un dialogue avec une intelligence artificielle et un chœur d’interprètes locaux.
  • Un très court-métrage, avec ateliers d’écriture, formation au jeu face caméra et tournage éco-conçu en décors naturels.
  • Une rupture burlesque (nez rouges) qui ramène au présent, suivie d’une agora, assemblée citoyenne.

L’ancrage esthétique s’appuie sur le renouvellement de la science-fiction : aux guerres intergalactiques et aux utopies technocratiques du XXe siècle succèdent la science-fiction post-réaliste et la Climate Fiction (Cli-Fi). La fiction ne cherche pas le spectaculaire technologique : elle interroge la soutenabilité des modes de vie et la possibilité de reconstruire un « habiter » commun.

Le projet vise enfin à formaliser des indicateurs et un guide de bonnes pratiques pour une production éco-responsable dans le spectacle vivant et l’audiovisuel, et prévoit de partager ses protocoles en accès ouvert, via un carnet de recherche en ligne.

Huellas (empreintes)

Projet de documentaire. En 2002, au lendemain du grand effondrement économique et social de l’Argentine, je suis parti filmer avec une démarche professionnelle l’aventure solidaire du groupe LAZOS. Ce collectif de jeunes étudiants et d’artistes quittait alors la banlieue de Buenos Aires pour mener des ateliers culturels bénévoles auprès des communautés autochtones d’Amaïcha del Valle. À l’époque, face à la chute du système, il ne s’agissait pas seulement de convictions : nous partagions l’espoir d’une reconstruction presque idéaliste, la volonté de profiter du chaos pour faire émerger une nouvelle forme de « cohabitation nationale ».

Près de vingt-cinq ans plus tard, alors que l’Argentine traverse une nouvelle épreuve d’une brutalité inouïe sous le gouvernement ultra-libéral de Javier Milei, je pars à la recherche des anciens membres du groupe. Je leur tends un miroir : une sélection d’extraits vidéo d’époque qu’ils n’ont jamais visionnés. Confrontés à leurs visages de vingt ans et à cet élan créateur d’alors, ils mesurent avec moi le chemin parcouru, l’illusion des années de stabilité qui ont suivi, et le choc du présent.

Ensemble, nous reprenons la route vers les vallées Calchaquíes pour retourner à Amaïcha. Qu’est-il advenu du projet de Centre Culturel ? Que sont devenus les enfants filmés en 2002 ? Dans ce road-movie mémoriel et politique, le passé éclaire les ténèbres du présent. Alors que le pays s’achemine vers les élections présidentielles décisives d’octobre 2027, je cherche à vérifier si les traces laissées autrefois conservent la force d’inspirer un sursaut face au délitement du monde.

Musée d’Amaicha del Valle, en Argentine : lieu du documentaire HUELLAS